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See all EU institutions and bodiesLe changement climatique modifie la distribution et l'activité des vecteurs de maladies comme les moustiques, les tiques et les mouches des sables en Europe. Des températures plus chaudes ont permis des épidémies de dengue, de chikungunya, de fièvre du Nil occidental et de maladies transmises par les tiques dans de nouvelles régions. Le réchauffement futur devrait accroître les risques de maladies à transmission vectorielle vers le nord, en particulier dans les scénarios d'émissions élevées.
Questions de santé
Le changement climatique modifie la façon dont certaines maladies sont transmises en Europe, en particulier celles propagées par des vecteurs tels que les tiques et les moustiques. Des températures plus élevées, des changements dans les précipitations, des hivers plus doux et des changements dans les écosystèmes affectent l'activité, le nombre et les zones où vivent ces vecteurs. Cela signifie que les maladies qu'ils portent peuvent apparaître dans des zones où ils étaient rares ou jamais vus auparavant. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) fournit régulièrement des mises à jour sur la répartition géographique de ces vecteurs en Europe, ainsi que sur l’apparition des maladies qu’ils transmettent dans l’UE/EEE.
Les tableaux suivants sont une liste non exhaustive des maladies à transmission vectorielle divisées en maladies transmises par les moustiques et les tiques.
Effets observés
Le changement climatique n’est plus une menace future, il est une menace actuelle et il remodèle activement le paysage des maladies infectieuses en Europe (AEE, 2022). Nous assistons à une « nouvelle normalité » où les maladies tropicales sont transmises localement en Europe. Des vecteurs envahissants, tels que le moustique tigre asiatique (Aedes albopictus), sont désormais établis sur tout le continent, poussant vers le nord et vers des altitudes plus élevées où ils ne pouvaient pas survivre auparavant (Journée mondiale des moustiques 2025: L’Europe établit de nouveaux records pour les maladies transmises par les moustiques).
Les éléments de preuve sont clairs: un nombre record de cas locaux d’infection par le virus du Nil occidental et de maladie à virus du chikungunya font surface dans des régions autrefois considérées comme sûres (Wadman, 2025). Ce changement est motivé par l’adaptation biologique: les moustiques développent une «résistance au froid» pour survivre aux hivers européens, tandis que les agents pathogènes viraux mutent pour se propager plus efficacement dans nos environnements locaux (Delwel et Mordecai, 2025). Afin de protéger les citoyens européens, l’urgence politique et la surveillance intégrée sont désormais primordiales pour gérer ces risques sanitaires croissants [règlement (UE) 2022/2371 relatif aux menaces transfrontières graves sur la santé].
Effets prévus
Adéquation climatique du moustique tigre en 2041-2070 dans le cadre d’un scénario à émissions élevées
(Cliquez sur la carte pour voir la version interactive)
L'indice d'aptitude climatique des moustiques tigres est pertinent pour la santé humaine. Le moustique tigre (Aedes albopictus) est une espèce envahissante d’Asie du Sud-Est favorisée par un climat plus chaud et représente une menace grave car il transmet des maladies à transmission vectorielle telles que la dengue et le chikungunya. Les facteurs environnementaux, parmi lesquels les conditions météorologiques, affectent à la fois la présence potentielle et l'activité saisonnière du moustique tigre. Voici un exemple pour les projections du milieu du XXe siècle (2041-2070) concernant l’aptitude des moustiques tigres dans les pays de l’UE dans le cadre d’un scénario d’émissions élevées de ‑ (RCP 8.5).
Source : Service Copernicus sur le changement climatique (C3S)
La hausse des températures, les hivers plus doux et les précipitations changeantes allongent déjà la saison des moustiques et étendent les populations d'Aedes et de Culex en Europe. Le jour du moustique (20 août 2025), l’ECDC a déclaré que des étés plus chauds et plus longs et des changements dans les précipitations créent une «nouvelle normalité» de saisons de transmission plus longues et plus intenses pour les maladies transmises par les moustiques, le virus du Nil occidental et le virus du chikungunya étant détectés dans de nouvelles zones et les foyers atteignant un nombre record (https://www.ecdc.europa.eu/fr/news-events/world-mosquito-day-2025-europe-sets-new-records-mosquito-borne-diseases). De même, les orientations de l’ECDC sur les maladies transmises par Aedes préviennent que le changement climatique prolongera les périodes environnementales favorables pour les moustiques Aedes, augmentant ainsi le potentiel d’épidémies de dengue, de maladie à virus chikungunya et de maladie à virus Zika sur le continent européen.
Le Lancet Countdown Europe rapporte que l'aptitude climatique augmente pour le virus du Nil occidental, le virus de la dengue, le virus du chikungunya, le virus Zika et les parasites du Plasmodium (causant le paludisme), suggérant que le réchauffement climatique permettra à ces agents pathogènes de persister plus au nord et plus longtemps chaque année (Van Daalen et al. 2024).
Mais le changement climatique n'affecte pas seulement les maladies transmises par les moustiques. L’évaluation de la borréliose de Lyme par l’OMS Europe montre que les tiques se sont déjà étendues à des latitudes et des altitudes plus élevées en Europe et que le réchauffement futur est susceptible de faciliter la propagation tout en réduisant la présence dans les zones qui deviennent trop chaudes et sèches (https://www.who.int/publications/i/item/9789289022910).
Réponses politiques
La politique de l’UE en matière de maladies à transmission vectorielle est progressivement passée d’une approche largement réactive — axée sur la réaction aux épidémies au fur et à mesure qu’elles se produisent — à un cadre plus proactif et intégré qui reflète la «nouvelle normalité» des risques sanitaires liés au climat. La hausse des températures, la perte de biodiversité et les perturbations écologiques, ainsi que la mondialisation, élargissent l'aire de répartition géographique et les fenêtres de transmission saisonnière des agents pathogènes à transmission vectorielle. Dans ce contexte, l’UE a de plus en plus intégré la préparation aux MCV dans la vision plus large de l’union européenne de la santé, qui vise à renforcer la résilience à long terme et l’action coordonnée entre les États membres plutôt que de s’appuyer sur des mesures de confinement temporaires (https://commission.europa.eu/topics/public-health/european-health-union_en).
L’un des piliers essentiels de cette stratégie en évolution est l’amélioration de la préparation grâce à des investissements dans l’innovation et la sécurité sanitaire, tels qu’une action conjointe de l’UE visant à renforcer les systèmes nationaux des États membres en matière de détection des menaces vectorielles et de capacités de contrôle. Cette action conjointe établira des programmes interdisciplinaires pour surveiller la distribution des vecteurs et la dynamique des populations et élaborera et mettra en œuvre des contre-mesures pour lutter contre les vecteurs transmettant des maladies, y compris des méthodes physiques, biologiques et chimiques, complétées par des campagnes de sensibilisation du public.
Au niveau opérationnel, la politique de l'UE progresse également vers une surveillance et un contrôle intégrés des vecteurs. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les cas cliniques humains, l’UE promeut une approche fondée sur le principe «Une seule santé» qui intègre la surveillance animale (par l’intermédiaire de la mission de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)) et la surveillance entomologique. Le projet VectorNet financé par l’ECDC et l’EFSA joue un rôle central dans la collecte et le partage de données sur les populations de moustiques, de tiques et d’autres vecteurs dans toute l’Europe, permettant une détection plus précoce des risques et des interventions plus ciblées avant que les foyers ne se propagent largement (https://www.vectornetdata.org/).
La coordination scientifique entre les agences de l’UE renforce encore ce cadre intégré. L’EFSA, en particulier par l’intermédiaire de son groupe scientifique sur la santé et le bien-être des animaux, fournit des avis scientifiques indépendants sur les maladies zoonotiques à transmission vectorielle qui touchent les animaux (https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/vector-borne-diseases). L'EFSA travaille en étroite collaboration avec l'ECDC pour partager les informations de surveillance et les deux agences gèrent conjointement le réseau One-Health VectorNet et le projet sur les vecteurs d'intérêt vétérinaire et de santé publique.
Ensemble, sur la base des données collectées par les États membres, l’EFSA et l’ECDC unissent leurs forces pour évaluer l’émergence du virus du Nil occidental en Europe et produire des rapports mensuels conjoints sur les infections chez l’homme et l’animal, soutenant l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes et renforçant la coopération intersectorielle au cœur de la stratégie de l’UE en matière de MCV.
Parallèlement à ces évolutions institutionnelles et réglementaires, l’UE renforce également ses fondements scientifiques et opérationnels pour les menaces sanitaires liées au climat ‑ par l’intermédiaire du pôle européen «Santé climatique» (Santé climatique), une coopération au titre d’Horizon Europe qui rassemble six grands projets de recherche et d’innovation: BlueAdapt, CATALYSE, CLIMOS, HIGH Horizons, IDAlertet TRIGGER. Travaillant collectivement, ces projets génèrent des preuves, des données, des outils de surveillance et des capacités d'alerte précoce ‑ qui soutiennent directement la préparation de l'UE aux maladies vectorielles ‑borne et autres maladies sensibles au climat ‑. Le cluster favorise les synergies entre les communautés de recherche en environnement, climat et santé, améliore l'application des politiques de science‑ et développe des indicateurs harmonisés et des approches de modélisation qui aident à anticiper les risques émergents plutôt qu'à y répondre de manière réactive. En alimentant des connaissances scientifiques de pointe de la ‑ dans des initiatives telles que l’union européenne de la santé, l’HERA et la stratégie de l’UE pour l’adaptation au changement climatique, le pôle «Santé et climat» sert de pont entre la recherche, les politiques et la pratique, renforçant ainsi la capacité de l’UE à prévoir les menaces, à orienter des interventions ciblées et à renforcer la résilience à long terme de la ‑ dans un climat en mutation rapide.
Ressources connexes
Références
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